A.D.CA 84
A.D.CA 84

Le cancer du sein

Avec 52 588 nouveaux cas estimés en 2010 en France1, le cancer du sein reste le premier cancer chez les femmes et représente 34% de l'ensemble des nouveaux cas de cancers féminins. Il se situe, tous sexes confondus, au 2ème rang de tous les cancers, derrière le cancer de la prostate.

Incidence : un début d'infléchissement ?

L'incidence du cancer du sein augmente de manière importante et constante : le taux d'incidence standardisé à la population mondiale a presque doublé entre 1980 et 20052 passant de 56,8 à 101,5 cas pour 100 000 (cf. figure). Toutefois, cette évolution (en moyenne de +2,4% par an entre 1980 et 2005) s'est légèrement ralentie entre 2000 et 2005 (+2,1% par an) .
Selon les projections3 qui font l'hypothèse d'une stabilisation de l'évolution sur la période récente, le taux d'incidence standardisé à la population mondiale est estimé à 100 cas pour 100 000 femmes en 2010. L'hypothèse de stabilisation du risque, retenue pour fournir les projections 2010, est basée sur des données épidémiologiques et médico-administratives (données ALD)4,5 qui décrivent une diminution de l'incidence du cancer du sein sur la période récente en France. Cette diminution serait potentiellement liée à une diminution de la prescription des Traitements Hormonaux Substitutifs (THS) de la ménopause. Un infléchissement de la hausse de l'incidence pourrait donc être observé sur la période projetée 2006-2010 (cf. figure). Sources : d'après Belot, A et al ; HCL, InVS, INCa, Francim, Inserm, 2010.

Mortalité : une décroissance depuis 2000

Avec 11 289 décès estimés en 2010, le cancer du sein se situe au 1er rang des décès par cancer chez la femme. Le taux de mortalité standardisé à la population mondiale est estimé à 16,2 pour 100 000 personnes. La mortalité, qui était restée stable depuis 1980, amorce une décroissance en 2000 : le taux d'évolution annuel de la mortalité était de -0,4% en moyenne sur l'ensemble de la période 1980-2005 alors qu'il affiche -1,3% sur la dernière période 2000-2005.
Ces évolutions inverses de l'incidence et de la mortalité par cancer du sein entre 1980 et 2005 s'expliquent par les progrès thérapeutiques et l'amélioration de la prise en charge mais également l'extension de la pratique du dépistage, seul moyen permettant de traiter plus efficacement les tumeurs dépistées à un stade précoce et donc d'améliorer le pronostic. 

En Europe

En Europe, le cancer du sein est de loin le cancer le plus fréquent chez les femmes à la fois en termes d'incidence et de mortalité. En 2006 , 429 900 nouveaux cas ont été estimés en Europe (soit 28,9% de l'ensemble des cancers féminins ou 13,5% de tous cancers) pour une mortalité de 131 900 (soit 17,6% de l'ensemble de la mortalité féminine par cancer ou 7,7% de l'ensemble des mortalités par cancer). Le taux d'incidence est généralement élevé en Europe de l'ouest et du nord (respectivement de 121,3 pour 100 000 personnes-années et 105,71) et relativement faible dans la majorité des pays de l'Europe de l'est. Ceci serait dû en partie à la différence entre la prévalence nationale et régionale des facteurs de risques associés incluant les facteurs socio-économiques et culturels tels que la nulliparité, l'âge d'apparition des règles et de la ménopause, l'obésité et la consommation d'alcool. Certains taux d'incidence élevés pourraient être attribuables à l'implantation rapide des programmes de dépistage dans certains pays à ressources élevées au sein de l'Europe.
En 2006, le taux d'incidence standardisée à la population européenne était de 127,4 pour la France, largement supérieur à celui retrouvé sur la même période en Europe de l'est (70,9), du nord (105,7) et du sud (87,5). Cependant peu de variations sont observées dans la mortalité par cancer du sein.

  1. HCL, InVS, INCa, Francim, Inserm, Projections de l'incidence et de la mortalité par cancer en France en 2010. Rapport technique. Avril 2010.
  2. Belot A. et al, (2008). Cancer incidence and mortality in France over the period 1980-2005. Rev Épidemiol Sante Publique. 2008 Jun; 56(3): 159-75.
  3.  Les estimations pour 2010 sont des projections fondées sur des hypothèses, les données entre 2005 et 2010 n'étant pas encore disponibles.
  4.  « Baisse de l'incidence des cancers du sein en 2005 et 2006 en France : un phénomène paradoxal », CNAMTS et Arcades, Bull. Cancer 2008, 95(1) :11-5
  5.  Fontenoy AM, Leux C, Delacour-Billon S, Allioux C, Frenel JS, Campone M, et al. Recent trends in breast cancer incidence rates in the Loire-Atlantique, France: a decline since 2003. Cancer Epidemiol. 2010, 34(3): 238-43.
  6.  Grosclaude P, Bossard N, Remontet L, Belot A, Arveux P, Bouvier AM, et al. Survie des patients atteints de cancer en France : étude des registres du réseau Francim. Paris : Springer- Verlag, 2007.
  7.  Survie attendue des patients atteints de cancer en France : état des lieux. INCa, collection rapports et synthèses, avril 2010.
  8.  M.Gorza, E.Salines, A.Danzon,J.Bloch, Programme de dépistage du cancer du sein en France, résultats 2006, InVS, septembre 2009.
  9.  F. Berrino et al, « Survival for eight major cancers and all cancers combined for European adults diagnosed in 1995-99: results of the EUROCARE-4 study », The Lancet Oncology, août 2007, DOI:10.1016/S1470-2045(07)70245-0.
  10.  M.-P. Coleman et al, « Cancer survival in five continents: a worldwide population-based study (CONCORD) », The Lancet Oncology, juillet 2008, DOI:10.1016/S1470-2045(08)70179-7.
  11.  Ferlay J et al. (2007). Estimates of the cancer incidence and mortality in Europe in 2006. AnnOncol, 18(3):581-592 et de Coleman MP, Alexe D-M, Albreht T, McKee M. Responding to the challenge of cancer in Europe. 2008 

 

SOURCE INCA : http://www.e-cancer.fr 

Comment se passe un dépistage ?

L'examen de dépistage est réalisé par un radiologue spécialisé et expérimenté. Tous les radiologues partenaires des campagnes de dépistage ont en effet suivi une formation complémentaire spécifique et ils réalisent un minimum de 500 mammographies chaque année. L'examen de dépistage comprend une mammographie, un examen clinique des seins et, dans environ 10% des cas, une échographie. La mammographie est une radiographie des seins. Pour la qualité de l'image et une moindre irradiation, il est nécessaire de comprimer le sein ce qui provoque une sensation d'inconfort pendant la durée de la compression (quelques secondes). Une mammographie classique comporte quatre clichés, deux pour chacun des seins (cliché de face et cliché en oblique). 

La comparaison des clichés avec ceux d'un précédent examen est toujours instructive pour le radiologue. Si vous avez d'anciens clichés, n'oubliez pas de les apporter le jour du rendez-vous. L'examen clinique des seins fait partie du dépistage. Il est utile pour repérer des lésions invisibles à la mammographie qui auraient cependant une traduction clinique : une fossette sur le sein, un écoulement par le mamelon, une petite boule palpable... 

Mammographie : Avantages et Inconvénients

Les avantages de ce test mammographique de dépistage

  1. C’est un examen simple et rapide.
  2. c’est un examen de qualité : contrôle biannuel des appareils, formation des médecins Radiologues et des manipulateurs, 2° lecture des clichés.
  3. Il permet de rassurer plus de 99% des femmes.
  4. C’est un examen performant : c’est le seul examen de pratique courante qui permet de détecter un cancer à un stade précoce, auquel il ne peut être palpé et auquel il ne se manifeste pas aucun symptôme.
  5. Il permet de gagner 2 à 3 ans pour la mise en route du traitement.
  6. Le diagnostic précoce de cancer augmente considérablement les chances de guérison. Ce n’est que dans de très rares cas que ce bénéfice n’est pas observable. Il améliore la qualité de vie des personnes atteintes. Du fait de sa plus petite taille, le cancer peut être beaucoup plus souvent traité par une simple ablation de la tumeur (Tumorectomie) sans ôter le sein.

 

Limites et Inconvénients de ce test mammographique de dépistage

  1. La compression du sein, indispensable à la qualité des clichés, peut être inconfortable et légèrement douloureuse chez certaines femmes.
  2. Faites pratiquer cet examen dans les jours qui suivent les règles, si vous êtes toujours réglée
  3. Evitez les déodorants, les crèmes ou poudres sur les seins et aisselles
  4. Le jour de l’examen pensez que vous devez vous dévêtir jusqu’à la taille.
  5. La dose d’irradiation est négligeable.
  6. La constatation d’anomalies, ce qui peut engendré une certaine anxiété, sur les clichés est le plus souvent levée par des examens complémentaires pratiqués immédiatement par le Radiologue, comme une échographie, un autre cliché,…
  7. Un cancer peut exceptionnellement pas être détecté par la mammographie ou apparaître entre 2 examens. C’est pourquoi nous vous conseillons de vous palper les seins et de consulter régulièrement votre gynécologue ou votre médecin traitant.   


 

Autres techniques de dépistage

 

1) L'autopalpation

Cet exercice est important pour le dépistage du cancer du sein. Toute femme doit le faire et être en mesure de le faire. Exercice facile, il est tout de même important d’apprendre les bons gestes pour limiter le risque de passer à côté d’une anomalie du sein. L’autopalpation des seins doit être pratiquée en première partie du cycle. Chez les femmes ménopausées il est conseillé de choisir une date fixe. 
Le but :
L’examen des seins par appui des doigts et de la main a pour but d’en apprécier les dimensions, la consistance, la mobilité, la sensibilité, et de rechercher d’anomalies ou de formations pathologiques. 
La technique d’autopalpation des seins :

 

 

 

 

 

  1. Debout devant le miroir, les deux bras le long du corps ou les mains placées sur les hanches, observer vos seins de face puis de profil. Recommencer l’inspection des seins en levant les bras au dessus de la tête. Presser doucement le mamelon et vérifier qu’il n’y ait pas d’écoulement de liquide qui sort par le mamelon.
  2. Avec les 3 doigts (de la main droite pour le sein gauche et inversement pour le sein droit) bien à plat parcourez votre sein de la partie externe à la partie interne et vice versa, en sentant la glande rouler sous vos doigts.
  3. Parcourez votre sein par des mouvements circulaires.
  4. Parcourez votre sein de bas en haut et vice-versa. Vérifier également la zone entre le sein et l’aisselle.

Profitez du moment de la douche pour effectuer une autopalpation des seins. La mousse facilite la palpation et le mouvement du rouler-palper des doigts.

Sources :
(1).Ligue contre le cancer
(2).www.cancerdusein.org

 

2) L'examen clinique des seins

Il s'effectue par votre médecin généraliste ou gynécologue. Il complète votre propre autopalpation mais enlève peut être le côté subjectif de tout autoexamen. Il est préconisé de le faire réaliser annuellement.

En Pratique, comment participer à la campagne de dépistage ?

Madame, vous avez trois façons de participer à une campagne de dépistage :

  1. Vous recevez une invitation d’A.D.CA vous invitant à prendre rendez-vous auprès d'un cabinet de radiologie partenaire de la campagne. Cette lettre comporte toutes les informations (et les étiquettes nominatives) permettant au cabinet de radiologie de vous inclure dans la campagne et de vous faire bénéficier de tous ses avantages, y compris la dispense d'avance de frais.
 

 

2.   Vous souhaitez bénéficier d'un dépistage du cancer du sein et vous avez perdu (ou pas reçu) votre invitation. Comme dans le cas précédent, et avec les mêmes conditions, appelez A.D.CA 84 au 04.32.74.16.73.

Munie de votre ordonnance ou de votre invitation, vous prenez rendez-vous à votre convenance avec un radiologue choisi parmi les partenaires de la campagne de dépistage (liste au verso de l'invitation). 

Les campagnes de dépistage : Preuves et polémiques

Les modalités des campagnes de dépistage du cancer du sein sont, pour plusieurs d'entre elles sujets de polémique :

  • Pourquoi ne pas commencer le dépistage à 40 ans ?

En 2000, 18,5% des nouveaux cas de cancers ont concerné des femmes âgées de 40 à 49 ans. Cependant, dans l'état actuel des connaissances, il n'est pas possible d'affirmer que la balance bénéfices/risques d'un dépistage débutant à 40 ou 45 ans est positive pour les femmes qui n'ont pas de risque particulier (pas de maladie du sein ni d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein), soit plus de 80% des femmes. En effet, pour certains auteurs (BS 61), les effets délétères du dépistage seraient plus élevés chez les femmes plus jeunes :

  • risques de faux positifs et de faux négatifs plus importants en raison des moins bonnes performances de la mammographie lorsque les seins sont denses, ce qui est plus souvent le cas chez les femmes jeunes
  • risque de surdiagnostic plus élevé en raison d'une plus grande fréquence des cancers in situ non évolutifs
  • enfin, risque d'irradiation plus élevé puisque les mammographies commencent plus tôt et sur des seins plus jeunes réputés plus sensibles

Les données scientifiques actuelles ne permettent pas de trancher et des études sont en cours, notamment au Royaume-Uni, qui démontreront peut-être les bénéfices à attendre d'un dépistage initié à 40 ans. Dans l'attente de nouveaux résultats, le groupe de travail de l'ANAES s'est prononcé, en mars 2004, pour le maintien à 50 ans de l'âge d'entrée dans le programme de dépistage national.Cette recommandation ne concerne pas les femmes qui ont des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein. Elles doivent être suivies de manière individuelle et c'est le médecin qui défini, au cas par cas, l'âge de début de la surveillance et la fréquence des contrôles. Lors du dernier congré des la Société Française de Sénologie et Pathologie Mammaire à Strasbourg, le Dr.C.COLIN rappelle que"l'examen mammographique chez la femme jeune ne doit pas être considérécomme anodin.Le risque de cancers radio-induits est un problème complexe, surtout chez les femmes à haut risque de cancer du sein".  

En savoir plus : Opportunité d'étendre le programme national de dépistage du cancer du sein aux femmes âgées de 40 à 49 ans - ANAES mars 2004 

  • Pourquoi ne pas réaliser systématiquement une échographie ?

L'image obtenue par échographie est construite non par des rayons mais par des ultra-sons. Dans le cadre du dépistage organisé, l'échographie n'est réalisée que si la mammographie paraît suspecte ou en cas de seins denses. En dehors de ces cas, l'échographie n'est pas recommandée car elle génère plus de suspicion et donc d'inquiétude que de diagnostics de cancer ( selon une étude réalisée à Lyon l'échographie détecte de 0.23 à 0.4% des cancers du sein).   Par contre elle paraît incontournable si l'examen clinique est anormal, même avec une mammographie normale ou en cas de mammographie diagnostique.   

  • Dernière interrogation, les campagnes de dépistage sont elles réellement efficaces ?

Plus de 3000 vies pourraient être sauvées chaque année si 70% au moins des femmes de 50 à 74 ans réalisaient un dépistage tous les deux ans.

  • En 2009, près de 2,3 millions de femmes ont réalisé un dépistage dans le cadre du programme organisé, soit 53 % de participation (source : InVS).
  • En 2006, 12 989 cancers été dépistés dans le cadre du programme de dépistage organisé. Un nombre important de petits cancers sans atteinte ganglionnaire a été détecté (14,6% de cancers canalaires in situ* et 36,7% de cancers invasifs égaux ou inférieurs à 10 mm et sans envahissement ganglionnaire)


En savoir plus :